Impôt sur les sociétés (IS) au Maroc 2026 : barème, calcul, déclaration
Au-delà du barème théorique, découvrez comment l'impôt sur les sociétés se calcule réellement en 2026, avec un exemple chiffré, la cotisation minimale et le calendrier des échéances à ne pas manquer.

Taux d'IS 2026 : de 20% à 35% selon le bénéfice net (jusqu'à 40% pour le secteur financier) · Solde et déclaration à déposer au plus tard 3 mois après la clôture de l'exercice, via SIMPL-IS.
Vous connaissez peut-être déjà les grandes lignes du barème de l'impôt sur les sociétés au Maroc, mais comment ce taux se traduit-il concrètement sur votre feuille de calcul ? Cet article vous propose une approche pratique : un exemple chiffré, le rôle souvent oublié de la cotisation minimale, les régimes dérogatoires qui changent la donne, et le calendrier précis des échéances à respecter en 2026.
Rappel express : qui paie l'IS et à quel rythme ?
L'impôt sur les sociétés (IS) concerne les sociétés de capitaux (SA, SAS, SARL...) ainsi que certaines entités ayant opté pour ce régime, sur leur bénéfice net fiscal réalisé au Maroc. La réforme fiscale engagée depuis la loi de finances 2023 a progressivement resserré la grille des taux, avec pour objectif 2026 une architecture simplifiée autour de deux taux principaux, complétée par un taux spécifique pour le secteur financier.
Exemple de calcul pas à pas pour une SARL
Prenons le cas d'une SARL clôturant son exercice au 31 décembre 2025, avec un chiffre d'affaires hors taxes de 4 500 000 MAD et un bénéfice net fiscal (après réintégrations et déductions) de 380 000 MAD.
- Le bénéfice net imposable de 380 000 MAD relève du taux général de 20% applicable en 2026.
- IS théorique = 380 000 × 20% = 76 000 MAD.
- Ce montant doit ensuite être comparé à la cotisation minimale (voir plus bas) : c'est le plus élevé des deux qui est dû au Trésor.
Ce calcul de base intervient toujours après retraitement extracomptable : réintégration des charges non déductibles (amendes, certaines provisions, dépassements de frais de mission...), déduction des produits exonérés, et imputation éventuelle des déficits des exercices antérieurs reportables.
La cotisation minimale : le plancher que beaucoup de dirigeants oublient
Même en l'absence de bénéfice, ou lorsque l'IS calculé sur le résultat est faible, les sociétés restent redevables d'une cotisation minimale assise sur leurs produits d'exploitation (chiffre d'affaires, produits financiers, subventions reçues...). Cette cotisation représente généralement 0,25% ou 0,50% de cette base selon la nature de l'activité, avec un montant plancher qui ne peut être inférieur à 3 000 MAD par exercice.
Les sociétés nouvellement créées bénéficient d'une exonération de cotisation minimale pendant les 36 premiers mois suivant le début de leur exploitation, sauf changement d'objet social ou de forme juridique en cours de période.
Régimes dérogatoires : des taux différents selon votre secteur
Le barème général ne s'applique pas uniformément à toutes les entreprises. Plusieurs régimes spécifiques subsistent ou convergent progressivement vers le taux normal de 20% :
- Entreprises exportatrices : taux réduit sur la part du chiffre d'affaires réalisée à l'export, sous conditions.
- Sociétés installées à Casablanca Finance City (CFC) : régime incitatif spécifique pour les activités éligibles.
- Entreprises industrielles nouvellement créées dans certains secteurs : taux réduit pendant les premiers exercices, sous conditions fixées par la loi de finances.
- Zones d'accélération industrielle (ex-zones franches d'exportation) : fiscalité incitative propre à ces zones.
- Secteur financier (banques, sociétés de financement, assurances, Bank Al-Maghrib, Caisse de dépôt et de gestion) : taux le plus élevé de la grille, distinct du régime général.
Avant d'appliquer un taux réduit, il est indispensable de vérifier auprès de la Direction générale des impôts (DGI) que votre activité remplit strictement les conditions d'éligibilité, faute de quoi un redressement fiscal peut être notifié ultérieurement.
Calendrier 2026 : acomptes, solde et télédéclaration
Pour un exercice clos au 31 décembre, la mécanique reste identique chaque année :
- Quatre acomptes provisionnels sont versés en cours d'exercice, chacun égal à 25% de l'IS dû au titre de l'exercice précédent.
- La déclaration du résultat fiscal (liasse fiscale) et le paiement du solde interviennent au plus tard trois mois après la clôture de l'exercice.
- L'ensemble des démarches se fait en ligne via le portail SIMPL de la DGI (simpl.tax.gov.ma), y compris pour les sociétés récemment immatriculées à l'OMPIC.
| Échéance | Date limite (exercice clos le 31/12/2025) | Montant à verser |
|---|---|---|
| Déclaration du résultat fiscal et solde IS de l'exercice 2025 | 31 mars 2026 | Différence entre IS réel dû et acomptes déjà versés en 2025 |
| 1er acompte provisionnel de l'exercice 2026 | 31 mars 2026 | 25% de l'IS dû au titre de 2025 |
| 2e acompte provisionnel | 30 juin 2026 | 25% de l'IS dû au titre de 2025 |
| 3e acompte provisionnel | 30 septembre 2026 | 25% de l'IS dû au titre de 2025 |
| 4e acompte provisionnel | 31 décembre 2026 | 25% de l'IS dû au titre de 2025 |
Erreurs fréquentes et sanctions en cas de retard
Le non-respect des délais expose l'entreprise à des majorations : une pénalité de 10% pour dépôt tardif de la déclaration, une majoration supplémentaire de 5% pour le premier mois de retard de paiement, puis 0,5% par mois supplémentaire sur les sommes dues. Les erreurs les plus fréquentes constatées chez les jeunes sociétés concernent l'oubli de la cotisation minimale, la mauvaise réintégration de certaines charges (amendes, dons hors plafond légal), et l'absence de suivi des acomptes provisionnels en cours d'année.
Se faire accompagner par un expert-comptable, au moins pour les premiers exercices, permet d'éviter la plupart de ces écueils et de sécuriser le report des déficits fiscaux, souvent perdu faute de déclaration dans les délais légaux.
Questions fréquentes
En 2026, le taux général converge vers 20% pour un bénéfice net imposable jusqu'à 100 millions de MAD, sous réserve des régimes dérogatoires sectoriels (export, CFC, zones d'accélération industrielle) qui prévoient des taux spécifiques.
Oui, sauf exonération. En l'absence de bénéfice ou en cas de faible résultat, la société reste redevable de la cotisation minimale calculée sur ses produits d'exploitation, avec un plancher de 3 000 MAD, sauf pendant les 36 premiers mois d'activité.
Au plus tard le 31 mars 2026, en ligne via le portail SIMPL-IS de la DGI, avec paiement simultané du solde d'IS restant dû.
L'entreprise s'expose à une majoration de 10% pour dépôt tardif de la déclaration, puis 5% pour le premier mois de retard de paiement et 0,5% par mois supplémentaire sur les sommes dues.
Non, le statut d'auto-entrepreneur relève d'un impôt forfaitaire calculé sur le chiffre d'affaires, distinct de l'impôt sur les sociétés applicable aux sociétés de capitaux.
