Cotisation auto-entrepreneur au Maroc 2026 : barème, calcul, déclaration
En 2026, l'auto-entrepreneur marocain doit s'acquitter à la fois d'un impôt forfaitaire sur son chiffre d'affaires et d'une cotisation sociale CNSS, selon un calendrier trimestriel précis.

Coût : de 1 % à 2 % du chiffre d'affaires encaissé au titre de l'impôt, plus une cotisation sociale CNSS calculée sur une base minimale. Délai : déclaration et paiement trimestriels, dans le mois suivant chaque trimestre, via ae.gov.ma.
Le régime de l'auto-entrepreneur reste en 2026 l'une des portes d'entrée les plus simples vers l'entrepreneuriat au Maroc, y compris pour les Marocains du monde qui souhaitent facturer une activité de service à distance. Ce statut simplifié impose toutefois deux types de versements réguliers : un impôt forfaitaire calculé sur le chiffre d'affaires encaissé, et une cotisation sociale versée à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Comprendre le barème applicable, la méthode de calcul et le calendrier de déclaration permet d'éviter tout redressement ou radiation du registre national de l'auto-entrepreneur.
Qui est soumis à la cotisation auto-entrepreneur en 2026 ?
Toute personne physique inscrite au registre national de l'auto-entrepreneur, via le portail ae.gov.ma, relève de ce régime à condition de respecter deux plafonds annuels de chiffre d'affaires encaissé :
- 500 000 MAD par an pour les activités commerciales, industrielles et artisanales ;
- 200 000 MAD par an pour les prestations de services.
Les Marocains résidant à l'étranger peuvent également s'inscrire à ce statut pour facturer des prestations depuis le Maroc, sous réserve de disposer d'une carte d'identité nationale valide. Au-delà des plafonds, ou en cas de dépassement pendant deux exercices consécutifs, l'entrepreneur bascule vers le régime de droit commun, avec les obligations comptables et déclaratives qui l'accompagnent.
Le barème fiscal de l'auto-entrepreneur en 2026
L'impôt dû par l'auto-entrepreneur est un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, calculé sur le chiffre d'affaires réellement encaissé, et non sur le montant facturé, selon le barème suivant :
| Nature de l'activité | Plafond de CA annuel | Taux d'imposition |
|---|---|---|
| Activités commerciales, industrielles et artisanales | 500 000 MAD | 1 % du CA encaissé |
| Prestations de services | 200 000 MAD | 2 % du CA encaissé |
| Professions libérales réglementées | — | Non éligibles au régime auto-entrepreneur |
Ce taux constitue une imposition libératoire : il n'y a en principe pas de déclaration annuelle de revenu global à souscrire pour la part d'activité exercée sous ce statut, tant que les seuils sont respectés.
La cotisation sociale CNSS de l'auto-entrepreneur
Depuis la généralisation de la protection sociale engagée par la loi-cadre 09-21, l'auto-entrepreneur est également affilié à la CNSS. Cette affiliation ouvre droit à l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et à une pension de retraite, en contrepartie d'une cotisation sociale calculée sur le chiffre d'affaires déclaré, avec un plancher minimal indépendant du niveau réel d'activité. Le taux et le minimum applicables évoluent selon les textes publiés par la CNSS : il est donc recommandé de vérifier le montant en vigueur directement sur cnss.ma ou via l'application Damane Cash avant chaque paiement.
Cette cotisation sociale s'ajoute à l'impôt libératoire de 1 % ou 2 %, et se règle selon la même périodicité trimestrielle, par virement bancaire, paiement mobile ou aux guichets partenaires de la CNSS.
Comment calculer sa cotisation : méthode et exemple
Le calcul s'effectue en trois étapes :
- Additionner tous les encaissements réellement perçus sur le trimestre, en espèces, par virement ou par paiement en ligne ;
- Appliquer le taux correspondant à l'activité, 1 % ou 2 %, pour obtenir l'impôt dû ;
- Ajouter la cotisation sociale CNSS, calculée sur la même base ou sur le minimum applicable si le chiffre d'affaires du trimestre est faible ou nul.
Exemple : un auto-entrepreneur exerçant une activité de développement web, considérée comme prestation de services, encaisse 30 000 MAD sur un trimestre. L'impôt dû s'élève à 30 000 x 2 % = 600 MAD. À ce montant s'ajoute la cotisation CNSS calculée selon le barème en vigueur, consultable sur son espace CNSS avant paiement.
Si aucun encaissement n'a été réalisé sur la période, une déclaration dite « néant » reste obligatoire afin de rester en règle vis-à-vis de l'administration fiscale et de la CNSS.
Déclaration et paiement : la procédure trimestrielle
La déclaration et le paiement de l'impôt et de la cotisation sociale s'effectuent selon un rythme trimestriel, dans le mois qui suit chaque trimestre échu :
- 1er trimestre, janvier à mars : déclaration et paiement avant le 30 avril ;
- 2e trimestre, avril à juin : avant le 31 juillet ;
- 3e trimestre, juillet à septembre : avant le 31 octobre ;
- 4e trimestre, octobre à décembre : avant le 31 janvier de l'année suivante.
La déclaration se fait en ligne sur le portail ae.gov.ma, où l'auto-entrepreneur saisit le chiffre d'affaires encaissé sur la période, avant de procéder au paiement de l'impôt et de la cotisation sociale via un mode de paiement associé au statut. Un retard ou une omission de déclaration, même en l'absence de chiffre d'affaires, peut entraîner une radiation du registre national ou la perte des droits sociaux acquis auprès de la CNSS.
Sortie du régime et dépassement des seuils
Lorsque le chiffre d'affaires encaissé dépasse le plafond applicable à l'activité pendant deux exercices consécutifs, l'auto-entrepreneur perd le bénéfice du régime à compter du premier jour de l'exercice suivant. Il doit alors s'immatriculer selon les règles de droit commun : identifiant commun de l'entreprise auprès de l'OMPIC en cas de création de société, inscription à la taxe professionnelle, tenue d'une comptabilité et, le cas échéant, assujettissement à la TVA et à l'impôt sur les sociétés. Anticiper ce basculement permet de choisir la forme juridique la plus adaptée, entreprise individuelle classique ou SARL, avant que le dépassement ne soit constaté par l'administration.
Questions fréquentes
L'impôt libératoire est de 1 % du chiffre d'affaires encaissé pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et de 2 % pour les prestations de services, auquel s'ajoute une cotisation sociale CNSS calculée séparément.
Oui, une déclaration dite « néant » reste obligatoire sur le portail ae.gov.ma pour éviter toute radiation du registre national de l'auto-entrepreneur.
Le paiement s'effectue en ligne ou via des solutions comme Damane Cash, selon le barème en vigueur publié par la CNSS, à la même échéance trimestrielle que l'impôt sur le chiffre d'affaires.
Un dépassement pendant deux exercices consécutifs entraîne la sortie du régime auto-entrepreneur et le basculement vers le régime fiscal et social de droit commun dès l'exercice suivant.
Oui, sous réserve de disposer d'une carte d'identité nationale marocaine valide et de respecter les mêmes plafonds de chiffre d'affaires et obligations déclaratives que les résidents.
